Un peu d’histoire

Il est difficile de dater précisément l'apparition du tir à l'arc, cependant certaines trouvailles archéologiques permettent d'affirmer que l'apparition de l'arc remonte à la préhistoire. Depuis, l'arc occupa une place plus ou moins importante dans les sociétés selon les époques. L'arc fût l'attribut de plusieurs divinités dans les mythologies grecques, romaines, nordiques et asiatiques.

L'armée romaine comptait de nombreuses compagnies d'archers. L'une d'elle avait pour capitaine Sébastien, un officier romain né à Narbonne d'origine milanaise. Il fût nommé chef d'une cohorte prétorienne par l'empereur Dioclétien. Converti au Christianisme, il rallia à sa foi de nombreuses personnes. Dénoncé, Dioclétien le condamna à être transpercé de flèches par ses propres hommes. Ceux-ci ayant un profond respect pour leur capitaine, ils auraient selon la légende évité de viser le cœur, puis le laissèrent pour mort. Recueilli et soigné par une chrétienne nommée Irène, Sébastien retourna auprès de l'empereur pour lui reprocher la cruauté dont il faisait preuve envers les chrétiens. Condamné une nouvelle fois à mort, il fût roué de coups, puis son corps fût jeté dans les égouts. Découvert par une autre chrétienne du nom de Lucile, son corps fût enterré dans les catacombes de la Via Appia, où une basilique fût construite à son nom. Il devint ainsi le saint patron des archers, qui le fêtent le 20 janvier.

Saint Sébastien par Le Pérugin vers 1500.

En Europe, c'est au Moyen-Age que le tir à l'arc connait son âge d'or, malgrès des débuts difficiles. En effet, il fallait aux archers un entraînement long et des arcs coûteux pour être efficaces, ce qui empêchait de constituer des corps d'armée constitués uniquement d'archers. L'Angleterre fût le royaume d'Europe à généraliser l'utilisation d'archers au combat aux vues des avantages tactiques que l'arc peut procurer. Des tournois avec des récompenses étaient organisés le dimanche après la messe. Cette partique avait un double objectif: d'une part, les récompenses constituaient une réelle motivation pour les paysans à devenir des archers expérimentés ; et d'autre part les rois anglais pouvaient recruter chaque année des milliers d'archers. Equipés de leurs "arcs longs" (jusqu'à 2 mètres) en if, pouvant atteindre des puissances de 100 à 120 livres (soit une traction allant de 45 à 54 kg), les archers anglais tiraient des flèches atteignant parfois 90 cm à une portée de 200 mètres. Les archers envoyaient les flèches en l'air, ce qui leur donnait une trajectoire parabolique avant de retomber verticalement sur leurs cibles. Pendant la Guerre de Cent Ans, l'archerie fut déterminante lors des batailles de Crécy en 1346, de Poitiers en 1356 et d'Azincourt en 1415, où elle permis aux troupes anglaises de défaire les armées françaises. Les picards et les bourguignons qui étaient alors les alliés des anglais, se perfectionnèrent dans la pratique du tir à l'arc.

Au Japon, la pratique du tir à l'arc fût développée par les samouraïs. L'utilisation guerrière de l'arc s'appelait "kyujutsu". Cette pratique tombant en désuétude au fil des siècles a été remplacée par le "kyudo", apparu au XVIIème siècle. Traduit littéralement par "la voie de l'arc", le kyudo est une des voies martiales japonaises. Le pratiquant cherche à effectuer un mouvement parfait pour pouvoir transcender à la fois le désir de l'égo et l'objectif très terre à terre de transpercer une feuille de papier servant de cible; avec un minimum de tension musculaire et un maximum d'énergie spirituelle. C'est une pratique extrêmement codifiée et esthétique. En effet, chaque phase de tir a un nom et est précisément décrite, c'est un protocole à suivre à la lettre. Réussir à atteindre la cible est la conséquence d'un équilibre trouvé entre le corps et l'esprit. De plus cela introduit un comportement social entre les archers, puisque lors d'un tir l'archer doit avoir conscience de l'environnement qui l'entoure. C'est un arc particulier qui est utilisé dans le kyudo: l'arc yumi. Mesurant près de 2 mètres, il est réalisé en bambou ou aujourd'hui en fibre de verre. La particularité de cet arc vient de sa forme, car il est asymétrique. La poignée ne se situe pas au milieu de l'arc, la branche du haut est beaucoup plus grande que celle du bas.

Autre peuple ayant un lien historique avec l'arc: les indiens d'Amérique. L'ensemble des tribus indiennes nord américaines utilisaient l'arc à la fois comme arme et comme instrument de chasse. Il y avait des arcs longs pour les hommes à pied, et des arcs plus court pour les cavaliers.

Enfin, les peuples nomades essentiellement en Asie utilisaient l'arc composite. A la différence des arcs dits "longs", l'arc composite est constitué de différents éléments, et même renforcé aux extrémités par des morceaux d'os. La forme de l'arc composite se caractérise par la double courbure des branches. Court, souple et puissant, cet arc pouvait atteindre la puissance de 160 livres pour une portée de 400 mètres.

La cause commune de la disparition progressive de l'arc au fil du temps est l'apparition de l'arme à feu, qui prendra sa place sur les champs de bataille.

A partir du XIXème siècle, l'archerie traditionnelle redevient un loisir ou une méthode de chasse. En 1931, la France, la République Tchèque, la Suède, la Hongrie, l'Italie, la Pologne et les Etats-Unis d'Amérique créent la Fédération Internationale de Tir à l'Arc (FITA), qui compte aujourd'hui 140 pays membres. Le tir à l'arc est apparu comme épreuve olympique lors des Jeux de 1900, puis 1904, 1908 , 1920 et depuis 1972 constitue une épreuve permanente des Jeux d'été.

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